Je travaillais souvent jusqu’à 22h. Les week‑ends ? Souvent absorbés par des présentations, des chiffres et des urgences. Je ne déléguais pas suffisamment, croyant que tout reposait sur moi.
Malgré cette réussite professionnelle, il manquait quelque chose. Je ressentais un déficit humain, une absence de contact authentique, alors même que transmettre, échanger et aider étaient au cœur de mes motivations.
Puis est arrivé le COVID. Comme pour beaucoup, ce fut un chaos complet. Pendant cette période, il fallait faire des choix difficiles, gérer l’inconnu et faire face à une pression constante.
Malheureusement, j’ai ignoré les signaux que mon corps m’envoyait… jusqu’à ce qu’il crie plus fort que moi.
À 40 ans, j’ai eu un infarctus.
Au début, je me suis persuadé que ce n’était rien : une oppression thoracique liée au COVID, pensais‑je. Un comprimé, et ça passerait. J’ai alors pris ma voiture pour aller voir mon médecin à Thuin.
Quand elle m’a examiné, le silence a duré quelques secondes avant qu’elle me dise : « File à l’hôpital, tout de suite. »
Encore incrédule, j’ai obéi. À mon arrivée, un médecin m’a regardé calmement et a dit : « Monsieur, vous faites un infarctus. Vous restez ici. »
C’est à ce moment-là que tout a changé. Quand on te force à t’arrêter, tu réalises ce que tu fuyais vraiment.